MINTVRNAE

 

 

Les Documents

 

Vignette illustrant le manuscrit Palatinus 1564 de la Bibliothèque Vaticane.

 

Vignette illustrant le manuscrit Gudianus, de la Herzog August Bibliothek de Wolfenbüttel.

 

Cette représentation appartient au recueil d’instructions d’Hygin Gromatique intitulé Constitutio limitum (« l’établissement des limites »), et se place au moment de son exposé où il évoque la difficulté pour un arpenteur de faire la part entre une ancienne et une nouvelle assignation.

La figure a été publiée par les éditeurs allemands (Blume, Lachmann, Rudorff 1848) planche 9, sous le numéro 150, avec le figuré suivant :

 

 

 

L’édition de C. Thulin (coll. Teubner, Leipzig 1913), reprend la figure du Palatinus donnée ci-dessus.

Seule la figure extraite du Palatinus a été reproduite dans l’édition et traduction de M. Clavel-Lévêque et al. (1996), p. 50, fidèle en cela à l’édition de Thulin. Quant à l’édition et traduction de la Collection des Universités de France, ou collection Budé (par Jean-Yves Guillaumin, 2005), elle n’en reproduit aucune.

La figure de Minturnae a fait l’objet d’un développement spécifique dans Chouquer et Favory 1992, p. 53-54, d’après P ; repris dans Chouquer et Favory, 2001, p. 50-51.

Michel Tarpin (2002, p. 454) a redessiné schématiquement la vignette, soi-disant d’après G , mais en fait d’après P.

 

Une première remarque porte sur le sort graphique fait à cette illustration dans l’édition allemande de 1848. Le dessin donné selon le Gudianus (G) et le Palatinus (P) est un curieux mélange des deux illustrations manuscrites. La ville a neuf tours (G), la statue est immense (G), « per » est abrégé (G), mais le dessin de l’assignation nouvelle est, en revanche, plus proche de P que de G, et la statue est retenue (P) alors que c’est une croix qui s’élève sur le socle dans G. En revanche, une invention des éditeurs allemands : le tombeau en forme de coffre porte une croix latine, ce qui ne figure ni sur P ni sur G.

Autrement dit, alors qu’il existe des différences sensibles entre P et G, qui restent à expliquer, l’espèce de synthèse de Blume et Lachmann ajoute une version qui n’est fidèle ni à l’un ni à l’autre document.

 

 

Le contenu historique et gromatique

 

La figure vient à l’appui du passage suivant :

« Le divin Auguste, de même, après avoir assigné la paix à l'univers tout entier, établit comme colons les armées qui avaient combattu sous Antoine ou Lépide tout aussi bien que les soldats de ses propres légions, établissant les uns en Italie, d'autres dans les provinces. Pour certains, du fait de la destruction des cités ennemies, il fonda de nouvelles villes ; il en déduisit d'autres dans d'anciens oppida ; et à tous il donna le titre de colons. Il y a encore ces villes qui avaient été déduites par des rois ou par des dictateurs, celles que l'intervention des guerres civiles avait épuisées : il leur donna à nouveau le nom de colonie et accrut le nombre de leurs citoyens, pour certaines aussi, leur territoire. C'est pour cette raison qu'en de nombreuses régions le tracé de l'ancien mesurage est recoupé selon une autre logique (diversum = dans un autre sens) par les nouveaux limites : de fait, les pierres des anciens carrefours apparaissent encore, comme en Campanie, sur le territoire de Minturnes : la nouvelle assignation, au-delà du Liris, est contenue par des limites ; en deçà du Liris, on a assigné par la suite d'après les déclarations des anciens possesseurs, là où, après un changement des frontières (fines = les limites des possessions ou les possessions elle-mêmes), on a laissé celles de la première assignation et commencé à posséder désormais à la manière des terres arcifinales (fig. 89 Th = 150 La).»

(Trad. M. Clavel-Lévêque, D. Conso, A. Gonzales, J.-Y. Guillaumin, Ph. Robin, Hygin L’arpenteur. L’établissement des limites, Luxembourg et Naples 1996 ; les modifications suggérées entre parenthèses sont de nous)

 

Paraphrase du texte.

 

Hygin Gromatique explique ici que l’action de ces grands colonisateurs, fondateurs de colonies et initiateurs de déductions, que sont César et Auguste, a souvent abouti à des fondations répétées sur un même territoire. Intervenant pour des raisons multiples, notamment lorsque d’anciennes fondations avaient été ruinées par les guerres, Auguste a souvent refondé la colonie, et installé de nouveaux colons. C’est pourquoi l’ancien arpentage est recoupé par la trame d’une nouvelle limitation autrement orientée (NB. diversum renvoie à l’orientation des axes d’arpentage : la traduction bisontine « dans une autre logique » est une abstraction inutile). Les pierres des anciens carrefours étant encore visibles, il y a donc risque de confusion avec les pierres des carrefours de la nouvelle trame.

Arrive alors l’exemple de Minturnae. Une nouvelle assignation, structurée par des limites, occupe l’espace situé au delà du fleuve Liris. En revanche, en deçà du fleuve, on a laissé les bornes de la première assignation et on a procédé à un genre différent d’assignation, d’après les déclarations des anciens possesseurs. On possède là selon le mos arcifinius, c’est-à-dire selon un mode cadastral qui ne connaît pas la mesure et le plan cadastral (par opposition à l’ager divisus et adsignatus qui, lui, les connaît).

Cette opposition exprimée par le texte structure la vignette. À droite de la figure (à l’est), le quadrillage de l’assignation nouvelle ; à gauche (à l’ouest), des exemples de bornes bien mis en évidence avec la légende suivante : « terres assignées en fonction des déclarations », pour signifier qu’on a ici tenu compte des limites des possessions existantes (NB. la traduction de fines par « frontières » dans la publication bisontine est une approximation qui détourne inutilement du sens).

 

Un problème de fond : savoir identifier des assignations différentes

 

Le propos d’Hygin Gromatique est de donner les indications les plus précises à ces arpenteurs qui seront envoyés en mission sur différents terrains et qui rencontreront des héritages complexes. La façon dont Hygin Gromatique rend compte de l’exemple de Minturnae évoque les étapes suivantes :

- Auguste, vraisemblablement (puisqu’il vient d’en parler), a procédé à une installation de colons au profit de Minturnae, en leur assignant des terres au delà du Liris.

- puis (postea), l’assignation a été complétée (vraisemblablement toujours par Auguste, mais on a aussi envisagé des lotissements dus à Caligula ?) par une distribution de terres, cette fois en deçà du Liris. Il se trouve que là on possédait les terres sans qu’elles aient été arpentées par les agrimensores mais simplement déclarées par les possédants, c’est-à-dire par la désignation des fines (limites des domaines, des possessions). Dans l’assignation qui a lieu ici, citra Lirem, on procède donc par échange (commutatio), et on laisse les bornes précédentes, celles « de la première assignation ». Autrement dit, une possession sans arpentage (selon le mos arcifinius)  renvoie à une assignation, à l’inverse de tous les schémas qu’on croyait établis, du fait des indications des auteurs gromatiques eux-mêmes. Les nouveaux colons bénéficiaires possèdent donc ici, probablement comme leurs prédécesseurs, selon le mode arcifinal.

D’où l’importance, suggérée par le dessin, des repères de bornage. Dans l’une et l’autre vignette, tous les éléments font limite, les trois premiers pour l’ensemble de la zone d’assignation, les trois autres pour suggérer le mode de bornage des lots intérieur au territoire :

- le Mons Vescini, forme une ligne de relief qui limite la zone d’assignation. Il est important de relever que Vescinus est aussi le nom d’un pagus du territoire de Minturnae, d’après une inscription trouvée dans les années 80 au lieudit Cisterna, près de la ville antique (Année Épigraphique, 1989, n° 150). Cette inscription date de la seconde moitié du Ier s. av. J.-C. et a été commentée par Michel Tarpin (2002, p. 216-217). Ce chercheur y voit « un témoin de l’ancien territoire de la cité disparue de Vescia », une fossilisation d’un ancien territoire italique devenu une circonscription fiscale.

- le Liris (aujourd’hui le Garigliano) qui forme la limite orientale de l’assignation sans division.

- la mer, qu’on croit reconnaître dans l’étendue d’eau en forme de lac qui a été dessinée au premier plan des dessins.

- un monument en forme de prisme hexagonal, qui ressemble à un socle.

- une statue sur un socle quadrangulaire, avec la mention aena, qu’il faut lire aenea, ce qui veut dire « en bronze ».

- enfin, un tombeau avec une voûte en plein cintre.

 

Michel Tapin suggère que le pagus Vescinus de l’inscription de Cisterna pourrait correspondre à cette zone assignée per professionem (= selon les déclarations) et il voit dans les veteres possessores du texte d’Hygin Gromatique les anciens occupants, c’est-à-dire les peuples indigènes. Peut-être ces terres sont-elle redevenues possessions des indigènes, mais il faut dire comment. Selon nous, les veteres possessores sont les occupants de ces terres qui, il y a fort longtemps, furent données en lots à des colons romains dans le cadre de la fondation de la colonie romaine de Minturnae, en 296 av. J.-C. Ce qui est plus que vraisemblable, c’est que ces terres ne devaient plus être, deux siècles et demi plus tard, dans les mains des descendants des colons, et peut-être, en effet, n’étaient-elles même plus aux mains de citoyens de droit romain. Ce qui expliquerait qu’on pense pouvoir les réquisitionner une nouvelle fois pour les distribuer (Cicéron parle d’un projet de réquisition de l’ager Vescinus, parmi tous les territoires que Rullus projette d’utiliser pour déduire les colons de César ; Cic., Agr., II, 66), ce qui sera fait sous César ou Auguste. Mais il s’agit d’anciennes assignations. L’hypothèse qu’il s’agisse du pagus ou ager Vescinus ne peut être fondée sur le texte d’Hygin Gromatique.

 

Histoire et archéogéographie du territoire de Minturnae.

 

L’étude archéologique et archéogéographique de Minturnae permet-elle de débrouiller cet exemple qui finit par être très complexe, surtout dans la partie du territoire située citra Lirem ? On lira les notices qui se trouvent dans notre ouvrage monographique (Chouquer et al., 1987, p. 169-176). On y verra que plusieurs assignations sont certaines ou probables avant celle d’Auguste : une en 296 av. J.-C. au moment de la fondation de la colonie ; une autre éventuelle sous Sylla, ce qui complique singulièrement la chose, puisque les assignations faites par ce dictateru ont été sérieusement contestées ; une autre, enfin sous César, avant celle d’Auguste. Ce sont donc, deux, trois ou peut-être quatre épisodes d’assignation que ce territoire eut à supporter.

 

Un autre résumé de la situation de l’arpentage à Minturnae est donné par le texte connu sous le nom de Liber coloniarum :

« Minturnas, colonie ceinte d’un mur, déduite par Caius César. Il n’y a pas de passage dû à la communauté. Son territoire a été assigné pour partie en jugères : le reste a été laissé sans arpentage officiel. »

(Lib. col., 235, 12-14 La ; traduction Fr. Favory)

À l’évidence, ce texte ne retient que la vague césarienne ou augustéenne des assignations. On pourrait penser que l’opposition faite entre la zone assignée et la zone sans arpentage renvoie aux deux parties, trans et citra Lirem du texte d’Hygin Gromatique. Mais ce n’est pas obligé. La zone citra Lirem est sans limitation, mais pas sans arpentage puisqu’Hygin explique qu’on y trouve les bornes de l’ancienne assignation et celles de la nouvelle. Donc, dans la notice du Liber coloniarum, ce qui est dit « sans arpentage » peut correspondre aux collines et aux monts périphériques de la plaine.

 

L’analyse des formes ne facilite pas l’interprétation. Dans la zone dite trans Lirem, on ne reconnaît pas à vue la centuriation qui pourrait correspondre à cette assignatio nova dessinée par une grille très présente sur les vignettes. On peut en proposer une reconstruction, mais la part d’hypothèse reste grande (Chouquer et al., 1987, fig. 53, 54, p. 172-173 ?). Citra Lirem, là où on nous dit qu’il n’y a pas eu de limitation, les traces géométriques ne sont pas absentes du parcellaire et suggèrent de possibles héritages antiques. Un relevé en a été proposé (Chouquer et al. 1987, fig. 49, p. 170), repris et amélioré ci-dessous. Les formes héritées de la planimétrie ne montrent pas cette opposition si nette entre les deux parties du territoire que décrivent les vignettes et les textes !

 

Régularités du parcellaire hérité dans la zone où ont eu lieu les assignations par commutatio. Aurait-on, par exemple lors de la fondation coloniale du début du IIIe s. av. J.-C., procédé à une strigation-scamnation ?

 

 

Dans la zone située citra Lirem, à l’ouest de la ville antique (dont l’Amphithéâtre A représente le point le plus occidental), le parcellaire conserve l’orientation dominante de la via Appia. Ce parcellaire isocline est-il un souvenir d’une ancienne assignation par strigae et scamna ? Il est difficile de l’affirmer (voir bibliographie commentée).

 

Le lac allongé apparaissant au premier plan de la vignette est une figuration tout à fait possible de la mer. Cependant, la répartition des zones humides sur l’image satellitaire suggère la restitution d’une lagune qui pourrait, dans ce cas précis, rendre compte de cette forme, apparaisant sur les vignettes comme un lac fermé dans lequel se jette le Liris. Sur l’image ci-dessous, un traitement a été effectué pour désigner ces zones plus sombres, donc plus humides. La zone urbaine correspond à la tache rouge. La zone bleu clair montre le chenal actuel du Garigliano (qui est le Liris antique, mais on ne saurait fixer le cours précis du fleuve antique sans une enquête), la mer et le rivage actuel, et, entre la ville antique et la mer, cette possible lagune. Celle-ci est traversée par une forme qui suggère un paléochenal (colorié ici en bleu foncé). La zone en jaune clair suggère le possible cordon littoral fermant la lagune.

 

Restitution d’une possible lagune entre la ville antique et la mer.

 

 

Deux conclusions originales !

 

1. On doit admettre, sur le plan juridique, que des terres anciennement assignées puissent être possédées par leurs légitimes bénéficiaires selon le « mos arcifinius », alors que les textes opposent généralement l’ager divisus (le territoire divisé de l’assignation) et l’ager arcifinius (celui de l’occupation libre, celui qui est dit ou laissé ab soluto). C’est justement parce que l’assignation n’a pas eu lieu selon une limitation mais par un autre mode que la chose est possible. Mais elle suppose qu’on assouplisse notre vision, généralement réductrice, du rapport existant entre actes politiques (déduire des colons), situation juridique et présence de formes géométriques.

 

2. Ensuite on doit admettre, sur le plan géographique es héritages planimétriques, que l’analyse des formes peut suggérer des cas de figures très éloignés de ce qu’on croit pouvoir s’attendre à trouver. Il y a plus de géométrie isocline parcellaire dans le territoire qui a été assigné « per professiones » que dans celui où on a implanté la grille de centuriation de la « nouvelle assignation » ! La vignette, qui donne l’image d’un territoire ordonné à droite et d’un territoire libre, à gauche, est, de ce point de vue, “trompeuse”.

 

 

Bibligraphie

 

Accolat 2005 = Delphine ACCOLAT, « Représenter le paysage antique. Des normes des arpenteurs romains aux témoignages épigraphiques (IIe-IXe siècle) », dans Histoire et Sociétés rurales, n° 24, 2e semestre 2005, p. 7-56.

Dans cet article qui attire avec justesse l’attention sur les illustrations des textes gromatiques, le cas de Minturnae est évoqué p. 15-16, avec reproduction de la vignette du ms P. L’auteure évoque le fleuve Liris, l’approvisionnement en eau (elle cite Hygin, mais l’illustration concerne pas cet auteur mais un passage d’Hygin Gromatique où il n’est pas question d’eau mais d’assignations successives). Elle conclut que « les éléments anthropiques peuvent être des symboles évoquant ce qui définit une cité romaine typique : une statue de bronze sur un piedestal, un bâtiment hexagonal (un amphithéâtre), un bâtiment rectangulaire surmonté d’une voûte, peut-être à fonction funéraire ». Selon nous, les éléments en question sont des éléments faisant bornage, et ils évoquent ici l’importance de ce type d’arpentage.

 

Blume et al. 1848 = F. BLUME, K. LACHMANN, A. RUDORFF, Die Schriften der Römischer Feldmesser, I, Berlin 1848. Réimpression anastatique : Hildesheim 1967 (édition quasi-intégrale des textes des Gromatici veteres).

 

Blume et al. 1852 = F. BLUME, K. LACHMANN,Th. MOMMSEN, A. RUDORFF, Die Schriften der Römischer Feldmesser, II, Erläuterung, Berlin 1852 Réimpression anastatique : Hildesheim 1967 (Commentaire de l’édition de 1848 des Gromatici veteres).

 

Chouquer et al. 1987 = Gérard CHOUQUER, Monique CLAVEL-LÉVÊQUE, François FAVORY, Jean-Pierre VALLAT, Structures agraires en Italie centro-méridionale, Cadastres et paysages ruraux, coll. de l’Ecole Française de Rome, n° 100.

L’exemple de Minturnae est traité aux pages 169-180. La carte publiée p. 170, fig. n° 49, est aujourd’hui insuffisante : je la remplace par la carte qui figure ci-dessus, plus précise. À l’époque, j’avais relevé sur la carte au 1/25 000 des régularités du dessin parcellaire, isoclines avec le tracé de la via Appia et je les avais intitulées « strigation de Minturnae I ». Mais, dans les documents antiques, le terme de strigation n’apparaît jamais, et c’est à la suite d’un essai de typologie que je l’avais proposé. Ce terme est vraisemblable.

De même il n’est peut-être pas nécessaire de faire, comme Fr. Favory et moi-même le suggérions dans le texte (p. 179, 1ere colonne et fig. 54 p. 173), un raprochement exclusif entre in iugeribus et la centuriation trans Lirem, puique les assignations in iugeribus de l’époque augustéenne peuvent avoir été faites aussi bien citra que trans Lirem.

 

Chouquer et Favory 1992 = Gérard CHOUQUER et François FAVORY, Les arpenteurs romains. Théore et pratique, ed. Errance, Paris 1992.

La vignette de Minturnae (reproduite d’après le Palatinus) est présentée aux pages 53-54.

 

Chouquer et Favory 2001 = Gérard CHOUQUER et François FAVORY, L’arpentage romain. Histoire des textes, Droit, Techniques, ed. Errance, Paris 2001.

Commentaire de la vignette de Minturnae en pages 50-51. Texte d’Hygin Gromatique avec longue citation aux pages 346-347, n° 80. Vignette publiée p. 280, d’après P.

 

Clavel-Lévêque et al. 1996 = Monique CLAVEL-LÉVÊQUE, Danielle CONSO, Antonio GONZALES, Jean-Yves GUILLAUMIN, Philippe ROBIN, (trad.), Hygin l’Arpenteur. L’établissement des limites, Jovene Naples/OPOCE Luxembourg, 1996.

Dans cette édition et traduction d’Hygin gromatique, l’exemple de Minturnae occupe les pages 49-51. Les traducteurs commettent un contresens puisqu’ils croient que citra Lirem une ancienne limitation a été rendue caducque. Ils écrivent « Hygin [...] dit qu’il faut, dans le cas de Minturnes, bien distinguer la nouvelle limitation, au delà du Liris, de l’ancienne limitation en deçà du même Liris. Cette dernière n’est plus respectée par les possesseurs, donc caduque. » (p. 51, note 42). La confusion porte sur l’assignation et la limitation : il y a bien eu assignation, mais sans dessiner une limitation. Les traducteurs ne comprennent pas qu’il s’agit d’une assignation par commutatio à partir des fonds déclarés par les anciens possesseurs. Le texte ne parle d’ailleurs absolument pas d’une limitation citra Lirem.     

 

Guillaumin 2005 = Jean-Yves GUILLAUMIN (éd. et trad.), Les arpenteurs romains. Hygin le Gromatique. Frontin, coll. des Universités de France, ed. Les Belles Lettres, Paris 2005, 276 p.

 

Hinrichs 1989 = F.T. HINRICHS, Histoire des institutions gromatiques, Geuthner, Paris 1989 (trad. franç. de l'ouvrage original, Die Geschichte der gromatischen Institutionen, Wiesbaden 1974).

 

Tarpin 2002 = Michel TARPIN, Vici et pagi dans l’occident romain, coll. de l’École française de Rome, n° 299, Rome 2002, 488 p.

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