Archéologie de la vallée de la Seille

 

 

« Le Briquetage de la Seille, 100000 ans d’occupation humaine »

 

 

 

 

 

Le Briquetage de la Seille

 

 

 

Sites de production

 

 

 

Le « Briquetage de la Seille » : une exploitation proto-industrielle du sel

 

 

 


Situé en Lorraine, le « Briquetage de la Seille » correspond aux vestiges laissés par un ensemble de complexes de production « proto-industrielle » du sel datant de l’âge du Fer (VIIe-Ier siècles av. J.-C.). Une série d’une quinzaine d’ateliers sont dispersés sur plus de 10 kilomètres de longueur, entre les villages actuels de Marsal et de Salonnes (Moselle). Ces installations exploitaient des sources salées naturelles, qui remontent du sous-sol une saumure provenant de la dissolution d’un immense banc de sel gemme enfoui à moins d’une centaine de mètres de profondeur.

 

Mise à évaporer dans des fourneaux, la saumure libérait des cristaux de sel, qui étaient conditionnés ensuite dans des moules à sel en terre cuite placés à chauffer dans des fourneaux. Ces moules à sel étaient ensuite brisés pour en extraire les pains de sel, de taille standardisée, qui étaient commercialisés. Les débris de moule étaient abandonnés sur place, avec les déchets de cuisson des fourneaux, où ces restes s’accumulaient à l’emplacement des ateliers. Ces accumulations, dite de briquetage, forment actuellement des monticules qui peuvent atteindre plus de 10 mètres de hauteur et s’étendre sur des surfaces de plusieurs dizaines d’hectares. La masse totale des rejets abandonnés à l’âge du Fer est estimée à près de 4 millions de mètres cubes (par comparaison, le volume de la Grande Pyramide de Khéops n’est « que » de 2,5 millions de m3 !).


 

 

La topographie des ateliers de briquetage :

 

            Les reconnaissances systématiques récentes ont mis en évidence l’existence de très vastes ateliers, rassemblant des centaines ou des milliers de fourneaux et s’étendant parfois sur plusieurs dizaines d’hectares :

 

-          A Marsal, les prospections géophysiques ont fait apparaître une série d’ateliers se développant sur près de 1,5 kilomètre de longueur, au sud et à l’ouest de l’agglomération. Quatre secteurs d’ateliers principaux, occupant des surfaces de l’ordre de 5 à 8 hectares, ont été détectés de part et d’autre d’un probable cours fossile de la Seille.

 

-          A Moyenvic « Saint-Pient », les prospections géophysiques ont révélé un vaste secteur d’ateliers qui s’étend sur une surface d’environ 25 hectares à l’est et au sud-est du bourg.

 

-          A Vic-sur-Seille le « Châtry », les prospections géophysiques ont montré que le site du « Châtry » lui-même – connu dans la littérature archéologique depuis les années 1840 – ne s’étendait que sur une surface d’environ 3,5 hectares, tandis qu’un vaste secteur d’atelier, jusqu’ici inconnu, se développait à l’ouest du site sur une surface de l’ordre de 7,5 hectares.

 

-          Enfin, à Salonnes « Burthecourt », les prospections géophysiques ont montré que l’atelier sondé par Keune au début du XIXème siècle atteignait une surface de l’ordre de 5 hectares.

 

 

L’évolution des techniques de production du sel :

 

La chronologie du Briquetage de la Seille a pu être fixée à l’âge du Fer : dans l’état actuel des données, aucune des accumulations de briquetage connue dans la vallée de la Seille n’est antérieure aux VIIIe-VIIe siècles av. J.-C., ou postérieure au Ier siècle av. J.-C. Deux grandes phases de fonctionnement se distinguent :

 

-          Une première série d’ateliers est occupée au premier âge du Fer. La phase la mieux représentée est celle du VIIe-VIe siècles av. J.-C. En témoignent les secteurs d’ateliers de Marsal « Fort d’Orléans », « Pransieu », Moyenvic « Saint-Pient », ou encore Vic-sur-Seille « Châtry ». A l’intérieur de cette série d’ateliers de la période celtique, certains sites fonctionnent jusqu’à la fin du VIe siècle av. J.-C., comme à Salonnes « Burthecourt », ou encore à Marsal « Pransieu ». On notera que ces ateliers sont dispersés dans toute la vallée supérieure de la Seille.

 

-          Une seconde série, moins nombreuse mais correspondant à de très grandes accumulations, est occupée durant la période gauloise récente (IIe-Ier s. av. J.-C.). C’est le cas en particulier de l’accumulation du bourg de Marsal. Les vestiges de production de la phase ancienne de la période gauloise (Ve-IIIe s. av. J.-C.) manquent complètement pour le moment.

 

Ces informations permettent d’établir une première grille d’évolution technique des appareils de production du sel :

 

-          Au VIIe s. av. J.-C. prédominent de grands récipients cylindriques bas, à paroi cintrée et à bords crantés d’impressions digitées. Ces cuvettes, d’une contenance individuelle d’une trentaine de litres, fonctionnent avec des types de fourneaux à chambre de chauffe à muret(s) interne(s) désormais bien connus à Marsal « Pransieu ». Ces pièces d’une cinquantaine de centimètres de diamètre, présentent fréquemment des traces de lutage externe et sont manifestement non amovibles : elles servent, selon toute apparence, au bouillage de la saumure.

 

-          Le début du VIe s. av. J.-C. est marqué semble-t-il par la multiplication de formes basses, également cylindriques ou légèrement tronconiques, de petit module. Ces pièces, d’une vingtaine de centimètres de diamètre, sont élaborées à partir de pâtes très poreuses, chargées en débris végétaux. Les fourneaux qui leurs sont associés sont encore mal connus. Elles sont apparemment mobiles et servent probablement au séchage et au conditionnement du sel sous la forme de pains de sel.

 

-          La fin du VIe s. av. J.-C. voit la disparition des formes basses et la génération d’un type de récipient vertical, de forme tronconique, élaboré également à partir de pâtes très poreuses chargées en débris végétaux. Les fourneaux qui leur sont associés ne sont pas connus. Ces pièces mobiles servent probablement au séchage et au conditionnement du sel sous la forme de pains de sel.

 

-          Les IIe-Ier s. av. J.-C. sont caractérisés par des récipients verticaux, de forme tronconique élancée, qui semblent évolués des formes initiales de la fin du VIe s. av. J.-C. Les fourneaux qui leur sont associés ne sont pas connus. Ces pièces mobiles, élaborées à partir de pâtes très poreuses chargées en débris végétaux servent probablement au séchage et au conditionnement du sel sous la forme de pains de sel.

 

 

 

Habitat et société

 

 

Comment vivaient les gens du sel ?

 

La production des ateliers celtiques et gaulois de la vallée supérieure de la Seille peut être estimée à un volume de plusieurs centaines à plusieurs milliers de tonnes de sel par an. Cette activité très lucrative alimentait un marché de l’ordre de plusieurs centaines de milliers de consommateurs, et répondait à une demande située largement au delà d’une échelle locale, voire régionale. Une population importante, qu’on peut évaluer à plusieurs milliers de personnes, était manifestement attachée à ces groupes d’ateliers de sauniers celtiques de la vallée de la Seille.

 

L’existence d’habitats implantés à proximité directe des sites de production a été mise en évidence à Salonnes « Burthecourt ». Les analyses des restes végétaux fossiles montrent que la communauté des sauniers de « Burthecourt » pratiquait également des activités agricoles, en cultivant des champs de céréales (blé, orge), et en entretenant des productions de légumineuses et de plantes aromatiques. L’existence de troupeaux est probable ; elle est confirmée par l’étude des restes osseux animaux, qui fait apparaître une consommation carnée reposant sur le bœuf, le cochon et les ovicaprinés. L’artisanat domestique est marqué par la transformation des produits agricoles, ainsi qu’en témoignent les activités de filage et de tissage attestées par la présence de fusaïoles et d’un poids de métier à tisser, abandonnés parmi les déchets de briquetage.

 

 

Les cimetières des « maîtres du sel » celtiques et gaulois

 

Les dernières recherches de terrain apportent des informations nouvelles sur les sites funéraires associés aux ateliers et aux habitats de sauniers de l’âge du Fer. A Marsal, une vaste zone funéraire étendue sur au moins 800 mètres de longueur a été mise en évidence sur le coteau dominant la rive gauche de la Seille, le long de la vaste zone d’ateliers du « Pransieu ». Selon toute évidence, les tombes appartiennent à la communauté des « maîtres sauniers » celtiques de Marsal.

 

Un ensemble de tombes et de monuments funéraires de l’âge du Fer a été découvert dans le secteur des « Grands Prés » à Marsal. Le mobilier funéraire associé montre que cette zone funéraire a été occupée entre la fin du VIIe siècle et le Ier s. av. J.-C. Un groupe de cinq sépultures à inhumation datant des VIe-Ve s. av. J.-C. a été fouillé. Une des tombes féminines contenait en particulier une paire de boucles d’oreille en or, qu’on ne rencontre que dans les riches sépultures de la période dite des princes celtes, à la fin du VIe s. av. J.-C., comme dans les tombes à char du site de Diarville « Devant Giblot » (Meurthe-et-Moselle). À ce groupe de sépultures de la période celtique succèdent de grands enclos funéraires, datant de la période gauloise récente (IIIe-IIe s. av. J.-C.), qui signalent des tombes de type aristocratique.

 

Un second groupe de huit sépultures à inhumation a été découvert à environ 200 m à l’est des monuments funéraires des « Grands Prés ». Disposées en cercle à proximité d’un enclos carré d’une dizaine de mètres de côté, ces sépultures étaient dépourvues de mobilier, à l’exception d’une tombe à équipement de guerrier, qui peut être datée de la seconde moitié du Ve s. av. J.-C. L’étude anthropologique des ossement a permis de mettre en évidence une série d’actes de manipulation des cadavres – comme le déplacement de certaines parties du corps – dont on trouve des parallèles documentés récemment dans le Bassin parisien pour certaines nécropoles « privilégiées » de la même époque.

 

Plusieurs découvertes anciennes du XIXème siècle se rapportent manifestement à des sites funéraires implantés à proximité directe des ateliers de briquetage. Un riche ensemble de parures du IVème s. av. J.-C. a été mis au jour à Marsal en 1838, à l’occasion des travaux de creusement de la Vieille Seille. Le matériel découvert comportait un torque à disques à incrustations de corail et appliques de feuilles d’or : cet objet exceptionnel appartient à une production régionale, diffusée entre l’Est de la France et le Palatinat, en Allemagne. Du territoire de la commune voisine de Moyenvic proviennent par ailleurs une série d’éléments de parure en bronze, qui ont été découverts dans le courant du XIXème siècle, sans doute à l’occasion de travaux agricoles ou d’assèchement de la vallée. Ce mobilier d’origine probablement funéraire, qui comporte notamment des parures en bronze du IVème s. av. J.-C., signale la présence de nécropoles gauloises vraisemblablement établies non loin des ateliers de briquetage.

 

 

A la périphérie de la vallée de la Seille : tumulus aristocratiques et tombes « princières »

 

Une concentration exceptionnelle de plus de 300 tertres funéraires protohistoriques a été découverte dans un rayon de 20 km à la périphérie de la vallée supérieure de la Seille. Un important chapelet de nécropoles est conservé dans le massif forestier de Bride et doit appartenir, pour l’essentiel, à l’âge du Bronze final.

 

Les groupes funéraires de l’âge du Fer paraissent se regrouper à la périphérie du site fortifié de hauteur de Tincry « Le Haut du Mont » (Moselle). Le site a livré un matériel céramique datable du VIe s. av. J.-C. D’une surface enclose d’une superficie de 15 hectares, cette enceinte figure parmi les plus grandes connues du le Nord-est de la France pour la période du premier âge du Fer. Elle est environnée de trois nécropoles de tumulus particulièrement importantes, dont celle de Jallaucourt « Bois de Jallaucourt » (Moselle), qui regroupe 37 tertres funéraires, et de Baronville « Grand Bois » (Moselle), qui en comprend 56.

 

Au pied de l’enceinte de Tincry, est préservé un tumulus géant de 82 m de diamètre actuel, sur une hauteur conservée de près de 6 m. Avec un volume de près de 15000 m3, le tertre funéraire de Viviers (Moselle) est l’un des plus importants du Nord-est de la France. Il se rattache vraisemblablement à une série de tetres funéraires monumentaux, édifiés pour les tombes « princières » celtiques de la fin du VIe s. av. J.-C.

 

 

 

100 000 ans d’occupation humaine

 

 

Le Paléolithique

 

Les premières traces de fréquentation humaine de la vallée supérieure de la Seille remontent actuellement au Paléolithique moyen (moins 100 000 à moins 50 000 ans environ) et ont été découvertes sur les coteaux environnant la vallée, comme à Vic-sur-Seille (Moselle). A Morville-les-Vic (Moselle), une occupation attribuable au Paléolithique supérieur se rattache sans doute à des campements de chasseurs de rennes de la période magdalénienne (15000 à 8000 ans av. J.-C.). Des armatures d’armes de jet en silex signalent la présence des dernières populations de chasseurs-cueilleurs préhistoriques aux alentours de la vallée de la Seille, durant les VIIIe et VIIe Millénaires avant notre ère.

 

Il est très vraisemblable que la présence de sources salées ait attiré le passage des troupeaux d’herbivores sauvages de la Préhistoire (bisons, rennes) dans la vallée de la Seille et qu’elle ait fixé par conséquent l’installation des campements saisonniers de chasseurs paléolithiques.

 

 

Le Néolithique ( Vème - IIIème Millénaires avant notre ère):

           

Les vestiges d’occupation humaine organisée se multiplient dans le courant de la seconde moitié du Ve Millénaire av. J.-C. : ils appartiennent à des villages d’agriculteurs éleveurs pratiquant des cultures sur abattis-brûlis à l’intérieur d’un environnement encore largement forestier.

 

L’exploitation du sel de la vallée de la Seille paraît très probable dès la seconde moitié du IIIe Millénaire av. J.-C.  Les sites d’habitat du Néolithique final sont particulièrement nombreux et certains sont associés à des tombes exceptionnelles : une sépulture découverte à Salonnes « Les Cachettes » contenait le squelette d’un guerrier accompagné de deux poignards en silex et d’un carquois contenant près d’une trentaine de flèches en silex. Cette découverte rappelle l’équipement du célèbre Ötsi, découvert momifié à la frontière italo-autrichienne.

 

 

L’âge du Bronze (XVIIIème - IXème siècles av. J.-C.):

 

La période de l’âge du Bronze n’est encore connue que par des trouvailles isolées qui signalent une occupation sans doute importante de la région. L’étude des pollens d’une tourbière découverte à Salonnes révèle l’existence de déboisements importants intervenant aux alentours du milieu du IIe Millénaire avant notre ère. Le milieu naturel apparaît déjà largement cultivé. L’exploitation du sel est très vraisemblable.

 

Les vestiges archéologiques les plus nombreux concernent la période des XIème – Xème s. av. J.-C. et révèlent l’existence d’un afflux de richesses, sacrifiées dans des dépôts cultuels. Une riche tombe à incinération découverte à Morville-les-Vic « Les Grandes Raies» signale l’existence de populations privilégiées établies aux alentours immédiats de la vallée.

 

 

L’époque celtique (VIIIe-VIe siècles av. J.-C.) :

 

Le premier âge du Fer correspond à l’essor de l’exploitation des sources salées de la vallée de la Seille par la technique des briquetages. Une quinzaine d’ateliers se développent sur plus de 10 kilomètres de longueur, de Marsal à Salonnes (Moselle). Ces exploitations peuvent s’étendre sur plusieurs hectares et regrouper des milliers de fourneaux à saumure.

 

Les habitats de ces communautés de sauniers celtiques sont installés à proximité immédiate des ateliers. Les activités sont dominées par les pratiques agricoles, en particulier la culture (du blé et de l’orge) et l’élevage (bœufs et cochons). Le tissage est pratiqué sur place. En dehors des périodes de production du sel, les sauniers de la vallée de la Seille travaillent le fer et produisent des petits objets en bronze. Un artisanat de luxe (travail du corail importé de la Méditerranée) est attesté à la fin du VIème s. av. J.-C. dans le secteur d’ateliers de Marsal « Pransieu ».

 

 

L’époque gauloise (Vème - Ier siècles av. J.-C.):

 

L’exploitation des sources salées de la vallée de la vallée de la Seille atteint désormais un développement de type « proto-industriel », tandis que les ateliers de production se regroupent et se concentrent autour des trois grands centres de Marsal, Moyenvic et Vic-sur-Seille. De grandes nécropoles appartenant à de riches communautés humaines des VIe IVe s. av. J.-C. se développent à proximité de ces nouveaux centres industriels, comme en particulier à Marsal et à Moyenvic.

 

La période des oppida des IIe Ier s. av. J.-C. est marquée par l’essor d’un site majeur implanté au sommet de la « Côte Saint-Jean » à Moyenvic, qui est associé à un sanctuaire. C’est à la fin de l’époque gauloise que se développent des habitats groupés à l’emplacement des grandes accumulations de briquetage de Marsal et de Vic-sur-Seille.

 

 

L’époque gallo-romaine (Ier - Vème siècles apr. J.-C.):

 

Des occupations urbanisées se développent au début du Ier s. apr. J.-C. à l’emplacement des grandes accumulations de briquetage de Marsal (Marosallum), Moyenvic et Vic-sur-Seille (Vicus Bodatius). La vallée supérieure de la Seille est désormais située sur un axe routier important, qui relie Metz (Divodurum) à Strasbourg (Argentorate).

 

A la fin du Ier s. apr. J.-C., un réseau de grands domaines ruraux se développe sur les coteaux bordant la vallée. La densité observée est d’un établissement, en moyenne, par kilomètre carré. Des villas richement dotées apparaissent au voisinage des agglomérations urbaines : celle du « Sauvageon » à Moyenvic était pourvue de colonnades et de placages de marbres.

 

A la périphérie de la vallée, un très important complexe cultuel prend son essor A la fin du Ier siècle apr. J.-C. à Tarquimpol (Moselle). Cet ensemble monumental, équipé d’un édifice de spectacles, doit signaler un sanctuaire des sources de la Seille, fréquenté dès l’époque gauloise.

 

 

Le haut Moyen âge (VIe XIee siècles apr. J.-C.):

 

Les agglomérations urbaines fondées à la période gallo-romaine subsistent après la fin de l’empire romain. Des ateliers monétaires mérovingiens fonctionnent à Marsal (Marsallo Vico), Moyenvic (Mediano Vico), Vic-sur-Seille (Bodesio Vico), ainsi probablement qu’à Salonnes (Salionno). Il manque actuellement les grandes nécropoles mérovingiennes qui ont fonctionné avec ces centres économiques et politiques importants.

 

L’exploitation du sel est attestée par les sources écrites dès la fin du VIIe s. à Marsal et à Vic-sur-Seille. L’emplacement de ces salines n’est pas connu. Les centres de production du sel de Marsal, Moyenvic et Vic-Sur-Seille sont désormais bien identifiés à partir de la période carolingienne. Une occupation archéologique de cette période est attestée à Salonnes et se trouve confirmée par les textes qui signalent l’existence du village de Courcelles (Curcella), contigu à celui de Salonnes au début du IXe s.

 

 

L’époque médiévale et moderne (XIIe-XVIIIe siècles) :

 

La période médiévale correspond à une phase d’essor et d’instabilité des salines de la vallée de la Seille, qui pâtissent en particulier des guerres féodales du XVe siècle, opposant les ducs de Lorraine aux évêques de Metz.

 

De nouvelles salines sont créées au XIIIe s., comme celle de Salées-Eaux, dans la vallée du Nard au sud-est de Moyenvic, qui est fondée par l’abbaye de Salival. La période des XIIIe et XIVe s. est marquée l’essor des centres urbains de la vallée supérieure de la Seille, qui avaient été hérités de la période romaine. C’est à ce moment que sont fortifiées les agglomérations de Marsal, Moyenvic et Vic-sur-Seille. Vic est élevé au rang de bourg épiscopal et accueille une résidence des évêques de Metz. Une série de château sont édifiés ou rebâtis à cette période. Le château de Vic, créé semble-t-il au XIe siècle comme une résidence du duc de Lorraine, il est (re)bâti au XIIIe siècle par l’évêque de Metz. La plate-forme castrale du « Châtry » à Vic-sur-Seille paraît dater de la fin XIIIe siècle. L’époque médiévale voit également le réseau paroissial achever de se constituer.

 

Après le XVIe siècle, les progrès de l’artillerie et le développement de conflits de bien plus grande échelle que celle des guerres féodales conduisent à fortifier à l’italienne les places de Moyenvic et de Marsal, qui deviennent les centres urbains majeurs de la vallée. A l’issue de la Guerre de Trente Ans, Marsal, désormais possession française, est fortifiée par Vauban. La grande saline royale de Moyenvic devient le centre majeur de production du sel de la vallée de la Seille. A la fin du XVIIIe s., la surexploitation forestière liée à la crise de l’industrie du sel entraine des désordres environnementaux importants et anticipe la disparition définitive des salines au cours du XIXe s.

 

 

L’époque contemporaine (XIXe-XXe siècles) :

 

            L’époque contemporaine correspond à la fin progressive de l’activité des salines de la vallée de la Seille, tandis que de nouveaux modes d’exploitation du sel se développent avec la révolution industrielle, où ils sont désormais mis en œuvre ailleurs, comme à Dombasle et Varangéville (Meurthe-et-Moselle).

 

            Les événements de la Seconde Guerre Mondiale sont marqués par des destructions importantes, comme en particulier à Moyenvic et à Marsal. La position de la « Côte Saint-Jean » à Moyenvic fait l’objet de combats acharnés en novembre 1944, au moment de l’avancée américaine dans les territoires d’Alsace-Moselle annexés au Reich. La période de l’immédiate après-guerre a laissé de nombreux témoignages de l’architecture de la reconstruction, en particulier à Moyenvic.

 

Accès privé