PRÉSENTATION DU SITE
DE L’ARCHÉOGÉOGRAPHIE

 

Archéo et géographie, pourquoi associer ces deux mots ?

 

Archéologie, ici, désigne trois choses : le milieu professionnel dont nous avons émergé, parce que nombre d’entre nous sont archéologues, (aéro)topographes historiques, archéomorphologues, géoarchéologues, etc. Ensuite le mot désigne notre intérêt pour la durée historique, c’est-à-dire la compréhension des héritages et des transmissions jusqu’à nous et des événements qui les ont provoqués. Enfin, il évoque un recours constant à l’archéologie du savoir, parce que nous réinterrogeons les objets installés par l’histoire et la géographie d’antan, pour les recomposer.

 

Géographie désigne une seule et même chose : l’intérêt que nous éprouvons pour la surface de la terre, pour ce qu’elle exprime au premier regard, c’est-à-dire des formes, pour la nature originale des dynamiques qui se jouent à leur niveau, et pour le lent déchiffrage de leur complexité historique. Nous sommes donc des géographes qui avons le même émerveillement que chacun d’entre nous lorsqu’il regarde la terre vue du ciel et se laisse surprendre par la beauté des formes, des couleurs, des textures. Mais nous sommes des géographes qui pensons que la lecture des formes repose, toujours, sur la compréhension des héritages.

 

Notre enquête participe du grand mouvement actuel de redécouverte de la géographie, notamment des géographies physique, agraire, urbaine, historique. Mais nous constatons que les concepts et les objets de ces géographies, parce qu’ils ont été élaborés il y a fort longtemps, ne permettent pas de lire les formes, et, pour cette raison, expliquent le désintérêt constaté dans les 1970-2000.

Notre enquête conforte la vaste interrogation actuelle conduite autour du développement et de l’aménagement des espaces géographiques de la planète. Et notre façon de nous insérer dans ce débat est évidemment liée à notre expérience. Nous n’avons pas à dire comment il faudrait aménager ceci ou cela. Mais nous suggérons que la part des héritages est grande et méconnue. Nous souhaitons démontrer que lorsque les sociétés anciennes ont aménagé, elles l’ont fait pour longtemps, au point que des aménagements bi-millénaires laissent encore aujourd’hui des traces actives, aux effets surprenants. Nous proposons des matériaux pour réfléchir et agir et des apprentissages de lecture à tous ceux que leur activité conduit à intervenir sur le sol, sur les formes, sur ces ensembles hybrides (nature et sociétés ; passés et présent) qui font du lien entre les habitants.

Notre enquête participe également du mouvement critique de l’histoire et de l’archéologie en ce sens que, spécialistes de ces disciplines, nous en mesurons les impasses et les promesses. De plus en plus convaincus du caractère à la fois nécessaire et illusoire de la reconstitution des phases du passé, selon les canons du genre historique, nous sommes en revanche persuadés que la dynamique de la terre reste la grande inconnue, et qu’elle n’est pas l’illustration trait pour trait de l’histoire politique, économique et sociale et seulement cela, comme on continue à le penser. Nous sommes donc attirés par la compréhension de ces matérialités très particulières que sont les sols, les modelés géographiques, les formes planimétriques, dans leur incessante interaction et hybridation avec les projets des sociétés, dans la durée et dans le changement.

 

L’archéogéographie est un portail qui offre des images de la terre pour se former à leur lecture, des interprétations pour discuter de leur dynamique, des cartes pour compiler les écheveaux d’héritages, des textes pour approfondir. On y trouve aussi des liens avec les nouveaux gisements de documents que sont tous les « géoportails » qui, depuis quelques années, ont totalement renouvelé les conditions d’accès à la face de la terre.

L’archéogéographie est le portail d’une nouvelle discipline de convergence. On y trouve les prémisses du Traité d’archéogéographie, les thèses de ses chercheurs, les travaux des programmes de recherche, des exercices pour se former.


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